Katia Bourdarel

L’œuvre de Katia Bourdarel est un monde où prolifère l’image de soi, photographiée, brodée, dessinée, peinte ou animée. Eve ou Pandore, le sujet-auteur de ces images fait scintiller l’icône du narcissisme féminin en bousculant les codes. Lorsqu’elle reprend le thème de la pin up en lestant ses dessins d’un message spirituel, adressant ainsi à l’œil des sous-titres décalés de ce qu’il est en train de voir, elle porte à son comble l’oxymore avec un humour sublime. Nul invite à la profondeur sur ces lisses icônes, tout est tendu en surface, tout est joué, mais voilà que la broderie agresse la surface, que la narration menace l’image. Le texte égare. Eblouissement et étourdissement encore dans ses peintures de jeunes filles, nul texte ici mais un sentiment étrange venant perturber la surface, abîmer l’apparence. Portraits d’adolescente jouant avec son reflet comme elle jouerait avec sa poupée. Travestissement, déguisement, mises en scène, elle s’invente des histoires, se distribue des rôles, des rôles de princesses, de grandes filles, de jolies filles. Ce monde traversé d’instants de bonheur suspendus, est également parasité par Une Chanson douce. Une petite musique hypnotique nous entraîne vers une vision érotisée du corps. L’alternance de la vision de l’homme et de la femme dans l’amour répète visuellement la scansion de la ritournelle. Le couple acéphale, perdu dans son plaisir, accompagne à son insu la répétition d’un motif musical annonçant un chant qui ne viendra jamais. Entre apparences trompeuses et situations ambivalentes, Katia Bourdarel aime nous immiscer dans un malaise quasi inidentifiable.

In Katia Bourdarel’s world the image of herself proliferates. Photographed, embroidered, drawn, painted or animated, it is omnipresent. Eve or Pandora, the subject-author of these images makes the icon of female narcissism sparkle, upsetting the codes. When she takes up the pin-up theme, filling her drawings with spiritual message, she adresses quirky subtitles to the eyes about what it is looking at. The oxyromon reaches its climax with sublime humour. No invitation to the depth on these smooth icons, everythnig is tense on the surface, everything is playing, but then the embroidery attacks the surface, the narration threatens the image. The text distraughts. Dizziness and vertigo again in her paintings of little girls, no text here but a strange feeling going to disrupt the surface, to spoil the appearance. Portraits of teeneger playing with her reflect like she would play with her doll. Masquerade, disguise, staging the play, she invents stories for herself, does the casting with roles of princesses, big girls, pretty girls. This world is inhabited by moments of happiness suspended. But it is also parasitized by Une Chanson douce. A little hypnotic music drags us to an eroticized vision of the body. The alternating vision of man and woman into the love repeats visually the scansion of the  rotornello. The acephalous couple, lost in its pleasures, goes unwittingly with the repetition of a musical motif announcing a singing which will never come. Between misleading appearances and ambivalent situations, Katia Bourdarel likes to sink the audience in an almost unidentifiable embarrassment .


Gilles Barbier  
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Katia Bourdarel / Gilles Barbier
La Jolie Fille et le Méchant Garçon
The Pretty Girl and the Bad Boy
exposition du 12 mars au 19 avril 2008
exhibition from March 12th to April 19th 2008