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Excerpt from
the text by Elisabeth Fiedler : From Male Wish Projection...
Her interest
lay in the tension between order and chaos, between geometric
and biomorphic forms, seriality and singularity as well as between
continuity and constant change. She often chose non-traditional
materials to express this, such as string, sand or latex and
placed her work in unfamiliar positions: so that sculptural arrangements
were often hung from the ceiling or stretched across individual
spatial sequences, leant against the wall or continued on the
floor, in this way retaining their change-based appearance.
Madeleine Berkhemer also presents herself to the observer in
this way, with an awareness of her appeal and the feminine power
of her sexuality. In surrendering her own body, which functions
as a sculptural measure vis-à-vis the observer, she creates
three types of women from the construction, Milly, Molly and
Mandy, portrayed as prostitutes, her alter ego.
These three fictional characters constantly flow into one another,
highlighting Berkhemer's interest in the body and in sexuality.
In this context, the body also signifies the medium which can
be both stretched and also broken down into tiny microscopic
bits, into cells. This dissection, the collage of individual
details taken from porn magazines and the physical aspects are
of interest to her in that male voyeurism is already factored
in. She has herself photographed by the erotic photographer Roy
Stuart, drawing parallels with Joe d'Allesandro, the hero of
Andy Warhol's films "Heat" and "Trash" and
seeking to examine the differences between the sexes.
In a self-confident pose she positions herself as a sculpture
in an interplay of dominance and submission. In having herself
photographed with a heap of men's shoes, she is not only making
a reference to fetishism, coquetry and the ironic question of
male dominance, but also the attempt to step into their shoes,
to assume their perspective. No criticism of male domains or
their destruction is intended here; rather, she is infiltrating
in a lascivious and direct confrontation of their power in a
subversive manner. Likewise, she opens up systems of the market,
dependencies and economic structures in order to use them and
disavow them herself.
L'intérêt
du travail de Madeleine Berkhemer se situe dans la tension entre
l'ordre et le chaos, entre le géométrique et le
biomorphique, le multiple et le singulier aussi bien qu'entre
la continuité et la métamorphose constante. Pour
exprimer cela, elle choisit souvent des matériaux non
traditionnels comme la ficelle, le sable ou le latex et elle
place ses oeuvres dans des positions inhabituelles : de sorte
que ses installations sculpturales ont souvent été
accrochées au plafond ou étirées dans différents
cadres spatiaux, penchées en aplomb du mur ou dans la
continuité du sol, maintenant de cette façon leur
apparence à base changeante.
Madeleine Berkhemer se présente également de cette
façon à l'observateur, avec une conscience aigüe
de sa séduction ajoutée au pouvoir féminin
de sa sexualité. En soumettant au spectateur son propre
corps comme une représentation sculpturale, elle crée
trois types de femmes, Milly Molly et Mandy, dépeintes
dès leur création comme des prostituées,
ses alter ego.
Ces trois personnages fictifs dérivent constamment vers
un autre, accentuant l'intérêt de Berkhemer pour
le corps et la sexualité. Dans ce contexte le corps agit
également comme un médium, pouvant être étiré
aussi bien que décomposé en parties minuscules
et microscopiques, telles des cellules. Cette dissection, le
collage de différents détails tirés de magazines
pornographiques et les aspects physiques ont un intérêt
pour elle du fait qu'ils incluent déjà le voyeurisme
masculin. Elle a été elle-même photographiée
par le photographe érotique Roy Stuart, traçant
des parallèles avec Joe d'Allesandro, le héros
des films d'Andy Warhol « Heat » et « Trash
», en cherchant à interroger la différence
entre les sexes.
Dans une pose pleine d'assurance, elle se place comme une sculpture
dans une dialectique de domination et de soumission. En se faisant
photographier avec un tas de chaussures d'hommes, elle fait non
seulement référence au fétichisme, à
la coquetterie et à l'ironique question de la domination
masculine, mais c'est aussi une tentative d'adopter leur point
de vue. Aucune critique des domaines masculins n'est ici intentée
pas plus que leur destruction ; plutôt, elle infiltre,
dans une confrontation lascive et directe, leur pouvoir de manière
subversive. De même, elle s'ouvre aux systèmes du
marché, aux dépendances et aux structures économiques
afin de les utiliser et de les désavouer elle-même.
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