Paul-Armand Gette

CV

Monotypes Suite 



Paul-Armand Gette, Sans Titre 2, 2005, monotype, 57 x 55 cm

Récusant toute alliance à une tendance artistique ou à un groupe constitué, dans un esprit moqueur permanent, Paul-
Armand Gette est un artiste atypique. Il nous introduit d'emblée dans le paradoxe de l'amateur d'étiquettes ou de classifications, qui proscrit toute définition visant le classement catégoriel pour sa propre démarche artistique. La diversité des connexions établies entre chacun des itinéraires de l'oeuvre le rend foisonnant et polysémique. Son territoire est balisé par un faisceau de références de plus en plus dense avec le temps. Afin de mieux déplacer les codes et les règles qui régissent nos habitudes perceptives et visuelles, l'artiste désorganise les hiérarchies artistiques et laisse place à l'affluence des émotions. Mais la marge au bord de laquelle il situe son activité, la dote d'une ambiguïté certaine et savamment entretenue.
En écartant l'univocité des explications et des spécialisations du savoir, l'artiste fait de la lisière un espace privilégié
d'émancipation et de création. Omniprésente dans son oeuvre, elle a pris diverses significations suivant le contexte et la
nature de ses recherches : limites paysagères, limites de visibilité et de permissivité, limites de la représentation, limites
entre réalité et fiction, entre ce qui art et ce qui ne l'est pas, entre langages et méthodologies… L'artiste ne cesse de
poser la question des frontières. Zone de contacts, d'interférence et d'ambivalence, la notion de lisière, dans ses implications, est plus qu'un thème de prédilection. Elle est un élément opératoire. Comble du paradoxe, elle est au coeur du positionnement artistique de Gette en ce qu'elle structure l'oeuvre et lui donne un axe. Elle détermine son efficacité en l'engageant dans une logique de tension - bords et débordements - et de territorialité - frontières et limites spatiales.
Lydie Rekow

La Pérennité des sujets
La dissimulation d'Artémis

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