Le
jardin des supplices n°4, huile sur toile, 195 x 195 cm, 2006
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La chanson des suppliciés.
Juste des corps, des peintures
de corps, des dessins de corps, d'enveloppes comme peint devant
des décors de cinéma, d'une histoire de l'art mais
déjà eux-mêmes en décor en décor
de synthèse. Jardin de théâtre à la
Watteau, où les corps se détachent sur des fonds
comme en découpecomme posés au ralentit sur des
chariots de travelling en mouvement sur un fond bleu
Des corps qui regardent, dans une autre direction, dans l'ouvrage
potentiel, dans la trame d'un bandeau, dans leurs mains dans
des amplificateurs de lumière, qui regarde ce que nous
ne voyons pas, une absence, un autre pan, une autre dimension
Mais elles ne sont pas dans un autre monde, elles ne sont pas
dans un ailleurs, elles sont dans notre monde, mais elles ont
décidés de rester dans le plan, de ne plus prendre
de forme, de ne pas s'incarner, de ne pas s'exposer dans la 3es
dimension. Elles sont figées parce qu'elles restent dans
l'instant de l'image. Elles se tiennent à l'écart,
dans la mémoire avec le recul d'une image sur notre monde.
Sans incidence, elles se sont figées dans une image en
bouclediaphanes
Elles sont dans un paradis, perdu et dissimulé dans les
ruines
Elles sont peut-être dans une histoire, une histoire d'automne,
mais le temps n'est plus à rendre compte du monde par
l'histoire, par une histoire, on ne peut être que dans
la matière de la sensation du chaos.
Ne croyant plus en l'image, dans son idée absolue de valeur,
elles prient pour en être libérée, mais comme
sur le lit de Procuste, il ne peut y avoir d'échappatoire
à l'extérieur du cadre dans un univers explosant
au ralentit
Et pourtant au soir du monde,
elles chantent en ritournelle
Au centre de l'espace,
pile au centre du volume du paysage,
au point de tension de la forme, au point de tension de la surface
que fait la terre avec sa verticale, le cielJ'ai planté
mon corps, juste en face du soleil du zénith, j'y ai planté
ma tête, en rotule sur le corps lentement, je l'ai fait
dérivée, glissée, ondulée dans le
flot vaste des photons,juste pour les sentir, telle une douche,
glissés sur mes joues, le front la tête qui tourne,
et puis sur la nuquel'averse de lumière et de chaleur
qui tournoie sur son visage, qui me donne la sensation, la troublante
impression, d'être encore un peu vivant, pour un dernier
étéelles ne me réconfortent pas, elles me
donnent seulement l'impression d'un décapité, d'une
tête à côté du corps la laisser pivoter
ainsi encore, ainsi un temps, le temps qu'elle aille plus loin,
dans le brasier, ma tête dans le paysage comme un brise
glace qui fond la forme de l'air, et l'air surchauffé
de part et d'autre emporte plus loin derrière, les peaux
mortes, dans le ciel de bleuet souvent je me laisser séduire
par le précipice de l'azurle précipice de l'azur
Au centre de l'espace
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