| Edda Renouf sollertis | |
| 'Énergie de la matière' | Next ![]() |
| du 25 avril au 26
mai 2007 |
![]() Vue de l'exposition 'Énergie de la matière' à la Galerie Sollertis |
"Le travail d'Edda
Renouf appelle ces mots, point du
jour. Ils répondent d'une évidence entrevue. Elle
est au regard de l'oeuvre, une vue surprise et suspendue. La vue est
saisie dans le corps de l'oeuvre. Elle y prends corps. Elle y a lieu.
Elle est à l'oeuvre dans l'oeuvre. Elle s'ancre dans le papier.
Elle est le lieu sans distance où se noue dans la toile, comme
un voile tenduà contrejour, l'intimité du soleil et de
l'oeil. C'est cette intimité que le travail
pénètre. Elle fait effraction, là où
l'incision du papier, l'excision de la toile, fracturant la structure
de l'oeuvre, révèlent en leurs points de rupture la
violence organique que recèlent comme une puissance d'exposition
la tension de la toile et la surface insondable du papier. Entre voile
et toile, la vue perce le lin. Dans la texture se trame
géométriquement et nu l'écrat visuel du trait que
le jour fertilise. Ce qui devient visible est l'éclatement d'une
vue. De l'épaisseur du tissu point, dans le métissage du
jour et de la nuit, le fils rompu et repris d'une vue
immémoriale. La vue croit, elle est l'oeuvre du jour. Sans
sujet, sans objet, elle excède la garde du regard."
"L'oeuvre fraye la rupture d'une exposition initiale. elle n'en est pas une réplique, elle en est pénétrée. la peinture, le dessin, ne sont pas des secondes peaux. Ils ne superposent aucun habillage à la rupture d'un infigurable commencement. La couleur et le trait n'ont pas de valeur symbolique. Ils sont chair et fragment dont l'oeuvre est effraction. Ils sont les stigmates d'une entrée en matière, ils sont les voyants d'un jour béant, signes charnels du désoeuvrement où le temps fait irruption dans le corps de l'oeuvre et le met hors de lui, l'expose. Le trait implose. La couleur explose. Ce qui voit le jour dans le corps de l'oeuvre est lieu d'apparition et de disparition. C'est un lieu vacant, un trou dans l'histoire de l'art et de la représentation, un temps d'exposition par où le temps de l'oeuvre est à nouveau présent ..." "Les oeuvres d'Edda Renouf sont de saison. En chacune se donne l'intime éclat de la vue et du jour, du moment et du lieu, où la rencontre du soleil et de l'oeil abandonne à la rupture des artifices, comme une oeuvre de chair, l'exposition élémentaire, de l'air, de l'eau, de la terre, du feu. Il n'y a pas de symbolique particulière, l'imaginaire est rendu à la matière. Il en prend la couleur, le trait , la fibre, la texture. il est saisi dans la structure d'une écriture élémentaire que l'oeuvre fraye et fracture. Rien n'est dépeint, rien n'est décrit. L'écriture seule fait signe, trouant la surface de sa propre inscription. Là point, comme d'une pierre l'étincelle, la fiction d'un monde au feu des artifices." Extraits de l'article Point du jour de René Denizot paru dans le catalogue de la rétrospective "Edda Renouf : Werke 1972-1997", Staatliche Kunsthalle Karlsruhe, Karlsruhe, 1997 |