Illustrateur,
écrivain, photographe, cinéaste, puisant son inspiration
dans ce Japon dont il est imprégné depuis l'enfance et
dont il parle la langue, Romain Slocombe a construit son oeuvre
multiple à partir des aspects les plus bizarres de
l'érotisme japonais : le bondage et les corps accidentés.
Pansements, blouses blanches, plâtres et ecchymoses fictifs sont
autant de pièges en trompe-l'oeil qui mettent en valeur la
présence érotique de ses jeunes modèles. Au sein
de l'imaginaire hospitalier, le photographe-médecin s'attache
à longer - sans jamais la franchir - la frontière entre
regard clinique et regard sexué, entre chair meurtrie et chair
désirante. Ses patientes semblent sortir des urgences, le cou
sanglé dans une minerve ou le bras en écharpe. Qu'elles
soient plâtrées sur un lit d'hôpital ou en
équilibre sur des béquilles, ces jolies jeunes femmes
apparaissent comme des vierges choquées, vulnérables,
mais secrètement disponibles. L'artiste développe une
esthétique du séisme et de l'accident dont J.G. Ballard
s'est fait l'écrivain culte. Derrière ces photos, Romain
Slocombe manipule les symboles, contes et fantasmes, que le spectateur,
inquiet et fasciné perçoit confusément. C'est sur
ce fil ténu mais tendu que les photographies basculent d'une
perversité (extra)ordinaire vers une pratique artistique.
Romain
Slocombe a choisi de
présenter pour sa première exposition à la galerie
Sollertis ses travaux récents : une série de trente
photographies couleurs et monochrome bleus.
Illustrator, writer, photographer,
filmmaker, drawing his inspiration from a Japan which he has been
familiar with sinc childhood, and whose language he speaks fluently,
Romain Slocombe has built his multi-leveled works from one of the most
bizarre aspects of Japanese eroticism : the association of bondage and
injured bodies. Bandages, white gowns, plastercasts and fictitious
bruises are as many trompe l'oeil traps emphasizing the erotic presence
of the young models. Within the imaginary of the hospital, the
doctor-photographer pays particular attention to walk the line, without
ever trespassing, between clinical gaze and sexual gaze, between
battered flesh and desiring flesh. His women patients appear as though
they had just come out of the emergency ward, their neck encased in a
brace, or their arm held in a sling. Wether casted on a hospital bed or
secretly available. The artist develops his aesthetics of earthquake
and accident, of which J.G. Ballard has become the cult novelist.
Behind these photographs, Romain Slocombe manipulates symbols, fairy
tales and fantaisies, which the spectator, both uneasy and fascinated,
confusely perceives. It is on this narrow but tense thread that the
photographs swing from an (extra)ordinary perversity towards a true
artistic pratice.
Romain
Slocombe has chosen to
present, for his first exhibition at The Sollertis Gallery, his most
recent work : a series of thirty photographs in colour and blue
monochrome.