galerie Sollertis 

31 mars - 6 mai 2006

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vues de l'exposition

Pauline Fondevila

Una extraña mañana de febrero en Gijón (Part I)

Una extraña mañana de febrero en Gijón

"Et puisque je n'arrive pas à te voir, je te chercherai avec la pensée"
Nacho Vegas. Al norte del norte, 2001

Bien qu'ils n'aient aucune relation apparente et immédiate, les chansons de Nacho Vegas et le travail de Pauline Fondevila entretiennent certains parallélismes conceptuels et émotionnels. Que ce soit par la musique ou le dessin, la narration sonore ou le récit visuel, les deux projets ont comme point de départ la création volontaire et consciente d'un personnage fictif qui assume toutes les actions et histoires mises en place par l'auteur. Ce sont là deux démarches qui construisent un imaginaire non-autobiographique en même temps qu'elles offrent une forte implication personnelle.

Ainsi, la simplicité du format de la chanson ou l'économie du dessin, permettent, tant au musicien qu'à celui qui dessine, une dualité constante entre artiste et personnage, entre réalité et fiction ; un recours à la narration non-linéaire qui favorise la proximité avec un récepteur à la fois complice et distant.

Una extraña mañana de febrero en Gijón, exposition monographique de Pauline Fondevila ­ dont le titre est issu d'une chanson de Nacho Vegas ­ se situe dans ce territoire frontalier pour mettre à jour, grâce à l'appropriation compulsive de référents artistiques, musicaux ou littéraires qui caractérise son travail, toutes une série de cartographies émotionnelles qui incitent à de multiples possibilités de lecture et de reconnaissance. Au-delà de la pratique du dessin, et dans la tradition imaginaire d'auteurs comme Carlo Collodi, Winsor Mac Cay, Lewis Carroll ou Nacho Vegas lui-même, l'exposition rassemble d'autres formats de présentation (jusqu'alors peu habituels dans le parcours de l'artiste) dans le but de réfléchir de manière plurielle le monde fictif crée autour de P., authentique protagoniste des dessins de Pauline Fondevila, petit personnage féminin qui, depuis l'intimité de son bureau, pense et "vit" tout un système complexe de relations et d'expériences uniques. Un environnement fictif qui ne peut s'interpréter comme réel, pas plus qu'il ne permet une déconnexion totale de cette dite réalité.

Dans ce sens, Una extraña mañana de febrero en Gijón, reflète la constante évolution de la mythologie personnelle de Pauline Fondevila. Ce processus de travail, proche par bien des aspects du labeur minutieux du cartographe obsessionnel ou du miniaturiste médiéval, acquiert aujourd'hui de nouvelles formes parallèles aux deux dimensions du dessin. La sculpture en bois de la même P., tout comme les objets et volumes qui semblent s'échapper de la surface du papier, invitent à une lecture émotionnelle différente ­ cette fois spatiale, et presque architectonique ­ de son travail, comme toujours fondé sur la liberté d'action induite dans le simple fait de penser. Comme un microcosme artificiel et autonome dans lequel la "recherche avec la pensée" fonctionne comme moyen de traduire tout ce qui nous entoure et nous définit.

David Armengol (traduit de l'espagnol)

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Una extraña mañana de febrero en Gijón

"Te buscaré con la mente, aunque no te alcance a ver"
Nacho Vegas. Al norte del norte, 2001

Pese a no mantener una relación aparente e inmediata, las canciones de Nacho Vegas y el trabajo artístico de Pauline Fondevila muestran ciertos paralelismos conceptuales y emotivos. Ya sea desde la música o el dibujo, desde la narración sonora o el relato visual, ambas producciones parten de la creación voluntaria y consciente de un personaje ficticio en el que se enmarcan todas las acciones e historias planteadas por el autor. Es decir, dos posiciones capaces de construir un imaginario no-autobiográfico a la vez que ofrecer una fuerte implicación personal.

De tal modo, la simplicidad del formato canción o la precariedad y desnudez del dibujo, permiten - tanto al músico como al dibujante - una dualidad constante entre artista y personaje, entre realidad y ficción; un recurso narrativo no-lineal que potencia ciertos códigos de aproximación para/con el receptor a partir de la complicidad y la distancia.

Una extraña mañana de febrero en Gijón, exposición monográfica de Pauline Fondevila - con título extraído de una canción de Nacho Vegas - se sitúa en este terreno fronterizo para mostrar, desde la apropiación delirante de referentes artísticos, musicales o literarios que caracteriza su trabajo, toda una serie de cartografías emotivas que establecen múltiples posibilidades de lectura y conocimiento. Más allá de la práctica del dibujo, y en contacto directo con la tradición imaginaria de autores como Carlo Collodi, Windsor McCay, Lewis Carroll o el propio Nacho Vegas, la muestra recoge otros formatos de presentación (hasta ahora poco habituales en su trayectoria) con el objetivo de evidenciar de manera plural el mundo creado a partir de P., auténtica protagonista de los dibujos de Pauline Fondevila: una pequeña chica que, desde la intimidad de su escritorio, piensa y "vive" todo un complejo sistema de relaciones y experiencias únicas. Un entorno ficticio que no puede interpretarse como real, pero que tampoco permite una desconexión total de dicha realidad.

En este sentido, Una extraña mañana de febrero en Gijón refleja la constante evolución de la mitología personal de Pauline Fondevila. Un proceso en el que sus mapas y recorridos visuales, cercanos en muchos momentos a la labor minuciosa del cartógrafo obsesivo o del miniaturista medieval, adquieren ahora nuevas estructuras formales que se desarrollan de forma paralela a la bidimensionalidad del dibujo. La escultura en madera de la mismísima P., así como los objetos tridimensionales que parecen escaparse de la superficie del papel, invitan a una nueva lectura emotiva - en este caso espacial, casi arquitectónica ­ alrededor de su trabajo; un discurso como siempre basado en la libertad de actuación implícita en el simple acto de pensar. En definitiva, un microcosmos artificial y autónomo en el que la "búsqueda con la mente" funciona como vehículo de interpretación sobre todo aquello que nos rodea y define.

David Armengol