| Sophie Calle | |
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Sophie
Calle, Twenty years later,
2001
photographies couleur et N/B, aluminium, papier, encadrements, 150 x 300 cm, Collection privée |
Le travail de Sophie Calle prend corps
autour des concepts de vide, d’absence, de disparition, mais ne
peut être enfermé dans la catégorie de l’art
conceptuel tant son propos semble impudiquement intime et personnel.
L’art de Sophie Calle est un art troublant, réalisé
d’histoires, de petites fables de vie intime, d’histoires
encore, de photos aussi. Au hasard de sa vie, elle nous livre ses
expériences, ses émotions, ses rencontres, ses «
Histoires vraies ». Parmi elles, une Lettre d’amour,
commandée par l’artiste à un écrivain public
; une jolie lettre de sept pages rédigée par un inconnu
contre cent francs exposée à nos regards. Tranches de
vie, récits partagés, Sophie Calle aime faire parler les
autres. Si elle utilise souvent les récits d’histoires
qu’elle a vécues, ses écrits, rédigés
sur le ton de la confidence, fonctionnent aussi grâce à la
crédulité volontaire du lecteur-spectateur. Celui-ci est
conscient des limites d’une fiction où
l’intimité de l’artiste se dérobe en
prétendant se dévoiler et lui renvoie ses propres
pensées et réactions. Dans Douleur exquise,
œuvre réalisée en 1985, elle procède au
décompte des jours qui la séparent de l’être
aimé, lors d’un voyage de trois mois au Japon. Il
s’avèrera que ces pénibles journées
n’aboutiront en fait qu’à une rupture, banale mais
alors extrêmement douloureuse. De retour en France, elle
décide de raconter sa souffrance et demande à ses
interlocuteurs à quelle occasion ils avaient le plus souffert.
Dans Il y a 36 jours, l’un d’eux raconte la chronique de la
mort d’un proche. L’artiste réalise ce projet dans
le but d’épuiser sa propre histoire à force de la
raconter, ou bien de relativiser sa peine face à celle des
autres. Il arrive aussi que Sophie Calle doive jouer dans des
scènes explicitement inventées ou provoquées par
d’autres et l’on assiste à la mise en scène
de l’artiste elle-même. C’est notamment le cas dans
20 ans après. Calle se prend au jeu de la filature, cette
fois-ci du côté du suivi, et non pas du suiveur, comme ce
fut plusieurs fois le cas quelques années auparavant. Cette
filature a été commandée à une agence de
détective privé par Emmanuel Perrotin, en avril 2001,
soit vingt ans après la filature commandée par sa
mère. En nous prenant de cours, sa mise à nu des
intimités fait de nous -ses spectateurs-lecteurs- des
confesseurs alors même que la connaissance de ces transgressions
artificieuses nous force aussi à être complice.
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Sélection d’expositions personnelles récentes |
2007 Pavillon français, 52ème exposition internationale d'art, Biennale de Venise Douleur exquise, (Sophie Calle et Franck Gerhy), Rotonde 1, Luxembourg 2006 Exquisite Pain, Portland Art Museum, Oregon True Stories, Galerie Emmanuel Perrotin Miami 2005 Werkschau, Ludwig Forum für Internationale Kunst Exquisite Pain, Paula Cooper Gallery, New York Werkauswahl 1983-2003, Arndt & Partner, Zürich 2004 M'as tu vue?, Irish Museum of Modern Art, Dublin Galerie Arndt & Partner, Berlin Martin-Gropius-Bau, Berlin M'as-tu vue?, Ludwig Forum, Aachen 2003 M'as tu vue ?, Centre Georges Pompidou, Paris 2003 Toyota Municipal Museum of Art, Tokyo Aichi Dommages collatéraux, Galerie Emmanuel Perrotin, Paris 2002 Gotham Handbook, Arndt & Partner gallery, Berlin. Musée Sprengel, Hanovre 2001 Double Game, Paula Cooper Gallery, New York. Vingt ans après, Galerie Emmanuel Perrotin, Paris. Public Places-Private Spaces, The Jewish Museum, San Francisco Sophie Calle: Detachment-Double blind, Art museum Tennis Palace, Helsinki. 2000 Die wahren Geschichten der Sophie Calle, Museum Ludwig, Budapest ; Museum Fridericianum, Kassel; Staatliche Kunsthalle Baden-Baden |