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Made in Marseille

Katia Bourdarel, Denis Brun, Sylvain Ciavaldini, Anthony Duchêne, Marc Etienne, Joffrey Ferry, Antonio Gagliardi
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Marseille est une ville attirante pour les artistes. Ils sont nombreux à y vivre et à y travailler. Partant de ce constat, Damien Aspe a souhaité offrir un aperçu de cette scène à travers l'exposition « Made in Marseille ». Il a choisi des artistes issus de la jeune génération. Leurs préoccupations sont multiples, tant dans la forme que dans le fond, mais elles sont toutes ancrées dans l'actualité. À travers leurs uvres, ces artistes interrogent le rapport de l'homme d'aujourd'hui à la société et le fait d'être d'artiste. La société de loisirs, les médias, le paysage (urbain ou naturel) en tant que représentation ou encore la musique sont autant de moyens de mettre à jour le monde actuel. Katia Bourdarel, quant à elle, s'éloigne de la réalité immédiate pour atteindre celle du fantasme.
Au-delà du temps de l'exposition, « Made in Marseille » est destinée à créer un pont entre les villes de Toulouse et Marseille. En 2007, un groupe d'artistes toulousains exposera à Marseille.
 

 
Katia Bourdarel
née en 1969
L'oeuvre de Katia Bourdarel interroge la capacité d'émerveillement présente en chacun de nous, au moyen de divers médiums, installation vidéo, photographie, aquarelle... Son monde est traversé de princes et de princesses, d'instants de bonheur valsés et suspendus dans la circularité de l'animation. Il est étoilé de moments d'abandon ou de dormitions merveilleuses et de sortilèges. Pourtant, son monde nous est familier, intime même. C'est ce monde, celui-ci, le nôtre, mais en images. Son oeuvre joue sur les ressemblances, les intimités, le tissu familial. Tout est en surface, tout est joué, tout semble simple... mais quelque chose oblique et nous fait passer de l'autre côté, c'est de là que naît la singularité de son travail.
Charles Floren

 
Denis Brun
né en 1966
Denis Brun ne sait naturellement faire qu'une chose : du remix-global.
C'est à dire de la synthèse expérimentale d'idées, de formes, de couleurs et de sons, en temps réel, avec parfois une séance d'enregistrement improvisée,
immédiatement rangée et répertoriée pour être exhumée le moment venu,
lors d'une tentavive de création.
Les sujets (l'adolescence, le skateboard, la fiction onirique, l'abstraction, l'autoportrait direct ou indirect) et les techniques (la couleur, le dessin, le collage) sont reliés à la mythologie personnelle de l'artiste et prennent source dans son environnement quotidien, son présent et son passé.

 
Sylvain Ciavaldini
né en 1970
La société de communication et son corollaire le plus extraverti,
à savoir les médias, sont au coeur du travail de Sylvain Ciavaldini.
Tout en se mettant en scène lui-même, il interroge le statut de l'artiste,
la nature de l'oeuvre d'art et leur rapport au public.
Son travail se situe dans un entre-deux singulier
où se croisent le comique et le tragique.
Par-delà tous les mécanismes qui contribuent à fabriquer des héros modernes,
le videaste met avant tout à plat l'évidence de la difficulté d'être.
Philippe Piguet

 
Anthony Duchêne
né en 1976
Le travail d'Anthony Duchêne s'articule formellement à travers des installations, des objets, des dessins faisant référence à des dispositifs sonores : caissons, enceintes, pédales d'effet et amplificateurs. Ses schémas, associant représentations stylisées et légendes, sont autant de propositions sonores indépendantes.
L'artiste développe un design des objets qu'il resitue, suivant une certaine idée de la reprise, dans des problématiques plastiques. Cette orchestration de formes et de matériaux, intégrant parfois le langage, évoque le son sans pour autant le produire. Paradoxalement, ces pièces aux références sonores déploient une occupation essentiellement physique de l'espace, le son restant absent au bénéfice d'un silence qui s'impose dans la durée.

 
Marc Etienne
né en 1971
() Il collecte des images, des attitudes par le biais des médias ou d'espaces reflétant des pratiques et des valeurs issues du monde des loisirs et du divertissement (à la télévision, sur internet, dans le milieu du théâtre, du music-hall). Son choix se porte principalement sur des acteurs dont les prestations restent néanmoins en marge d'une diffusion massive (amateurs, excentriques ...). De ce fait l'artiste ne montre pas de savoir-faire particulier si ce n'est de mettre à jour des images existantes de talents inconnus et de les mettre en forme, en les organisant entre elles au sein de dispositifs qu'il nomme "scène d'expériences". Celles-ci se traduisent par des espaces de monstration que l'artiste emprunte aux gens du spectacle (paravents, panneaux, tables ...), des systèmes de signalétique événementielle (posters, organigrammes ...)
Nadine Maurice

 
Joffrey Ferry
né en 1972
Joffrey Ferry se réapproprie l'esthétique d'espaces purement utilitaires, souvent associés à la laideur, pour en proposer une perception différente.
Dans un esprit dépouillé, aux contours flous et aux cadrages cinématographiques, il aère la perception que l'on peut avoir de ces paysages saturés. Il n'en conserve que les signes les plus essentiels : en les soulignant ou en les gommant.

 
Antonio Gagliardi
Le travail d'Antonio Gagliardi, fondé sur la conception d'espaces de loisirs, se double aujourd'hui d'une approche ludique des lieux de végétation : mares, jardins botaniques, jardins paysagistes. Entre expérimentation domestique, espace zen et réflexion sur le paysage en tant que représentation, son travail se présente toujours comme une proposition à la fois iconoclaste, pratique et joyeuse, et déjoue dans un clin d'il complice toute tentative de détermination.