Galerie Sollertis

20 mai - 25 juin 2005

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Pauline Fondevila

Francesc Ruiz

 

METACOMICS

Pauline Fondevila & Francesc Ruiz

 

Metacómic: Llevar de un lugar a otro historias e imágenes.

Las contingencias de Metacómic no deben ser una excusa para encasillar el proyecto, sino una oportunidad para expandirlo. La manifestación cultural que pretendemos abordar en lo sucesivo constituye, para nosotros, un acontecimiento perdurable, persuadidos como estamos de la categoría estética y epocal que esta producción ocupa en la cultura contemporánea. Como mucho, acaso, quizás sean las denominaciones y las etiquetas que eventualmente aparezcan en juego las que hayan de ser revisadas. En realidad, nosotros, que no creemos en la idoneidad de ninguna de estas categorías - y aun menos en otras más endebles - ni en la universalidad y permanencia de cada una de las conformaciones visivas, sentimos, en cambio, que Metacómic se revela importante y decisivo, tanto desde el punto de vista más personal como generacional.

La trayectoria de Francesc Ruiz y Pauline Fondevila -los artífices de Metacómic- se ha desarrollado dentro de los límites ortodoxos del arte, y fuera de ellos, durante mucho tiempo y con cierta intensidad, incluso más fuera que dentro de la lógica de la galería o de la exposición. Ninguno de los dos se ha sentido tentado a explorar una vía única, pero a la postre han encontrado en el dibujo una herramienta adecuada a su subjetividad y a sus intereses. Esta elección, paradójicamente, es la que está facilitando su penetración en la escena artística, asustadiza y a la vez ávida de novedades. Los recursos espectacularizados, las retóricas convencionales, los discursos homogéneos e internacionales acaban por determinar a la postre un fuerte interés por las voces más personales y por los cuerpos teóricos y visuales más próximos y sinceros en los que se han movido, entre otros, Francesc y Pauline.

Las fronteras han habido de ser desdibujadas para permitir flujos bidireccionales entre diferentes esferas y personas, entre Francesc y Pauline, entre ellos y entre otros susceptibles de incorporarse al proyecto. Ello ha determinado viajes de ida y vuelta, enriquecedores, entre el arte y, en su caso, la ilustración y el cómic, entre su producción icónica y otros formas de trabajo cultural. Con las herramientas y los recursos del cómic, uno y otra, han generado un friso de imágenes de nuestro mundo, de los media, de la ciudad, del arte, de las formas de relación, de la vida. Un friso que es como un retrato de la vida diaria, contingente, sin ínfulas, construido como fogonazos de conocimiento.

La historia del arte del siglo XX ha sido, en gran medida, la historia de la evolución de los mecanismos metaartísticos de la apropiación, desde Duchamp a Warhol. Llevar de un lugar a otro historias e imágenes, obligarlas a circular hasta desubicarlas y reubicarlas, actuar sobre una anécdota para amplificarla hasta hacer de ella y de su subjetividad el instrumento que nos haga conectar con lo real o que nos haga entender una faceta o una dimensión de la realidad, es lo que hacen Pauline y Francesc para confrontar la contingencia de tales préstamos entre diferentes dominios de la realidad. Toda apropiación supone una trasgresión y un forzamiento de las fronteras, una vuelta de tuerca y una voluntad de explorar más allá de la ribera de lo convencional. Eso es Metacómic: una vuelta de tuerca, sencilla y poderosa, para dejar nuestra contingencia (la personal y la epocal) en evidencia.

Manuel Olveira

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Metacómics : déplacer des histoires et des images d'un lieu à un autre.

Les contraintes de Metacómics ne doivent pas constituer un prétexte à l'enfermement du projet dans une catégorie, mais doivent au contraire être vues comme une chance de l'élargir. La manifestation culturelle que nous essayons d'aborder ici constitue d'après nous un événement durable. Nous sommes persuadés de la qualité esthétique et de l'importance de cette production au sein de la culture contemporaine. Au pire, ce sont peut-être les étiquettes et les appellations en jeu qui doivent éventuellement être révisées. En réalité, nous qui ne croyons ni en la pertinence d'aucune catégorie - et encore moins en celle d'autres plus négligeables - ni au caractère universel et en la permanence de chacune des conventions visuelles, ressentons en revanche que Metacómics se révèle important et décisif, tant d'un point de vue personnel que générationnel.

Le parcours de Francesc Ruiz et de Pauline Fondevila - les instigateurs de Metacómics - s'est déroulé dans les limites orthodoxes de l'art, et au-delà, depuis longtemps, avec beaucoup d'intensité, et plus volontiers en dehors de la logique de la galerie ou de l'exposition. Aucun des deux n'a été tenté d'explorer une seule et unique voie mais ils ont finalement trouvé dans le dessin un outil adéquat à l'expression de leur subjectivité et de leurs intérêts. Ce choix a facilité leur entrée sur une scène artistique à la fois prudente et avide de nouveautés. Les procédés spectaculaires, les rhétoriques conventionnelles, les discours homogènes et internationaux ont fini par manifester un vif intérêt pour les voix plus personnelles et pour les champs théoriques et visuels plus proches et sincères, comme ceux au sein desquels évoluent, entre autres, Francesc et Pauline.

Les frontières ont du être redessinées pour permettre les échanges entre différentes sphères et individus, entre Pauline et Francesc ; entre eux deux et entre tous ceux susceptibles de se rattacher au projet. C'est ce qui a déterminé des allers-retours enrichissants entre l'art et, en l'occurrence, l'illustration et la bande-dessinée, entre leur production iconique et d'autre formes culturelles. À l'aide des outils et des accessoires de la bande-dessinée ils ont l'un et l'autre créé une frise d'images de notre monde, des media, de la ville, de l'art, des relations humaines, de la vie. Une frise qui s'apparente à un tableau de la vie quotidienne, contingente, sans prétention, conçue comme des fragments de connaissance.

L'histoire de l'art du 20ème siècle a été en grande partie l'histoire de l'évolution des mécanismes méta-artistiques de l'appropriation, depuis Duchamp jusqu'à Warhol. Déplacer des histoires et des images d'un lieu à un autre, les obliger à circuler en les soustrayant et en les additionnant à un espace, agir et travailler sur une anecdote pour lui donner de l'ampleur au point de la transformer elle, et sa subjectivité, en l'instrument qui nous permettra de nous connecter à la réalité, ou qui nous fera comprendre un aspect ou une dimension de la réalité : voilà ce que font Francesc et Pauline pour confronter de tels emprunts à différents aspects de la réalité. Toute appropriation suppose une transgression et un franchissement des frontières, un tour de vis et une volonté d'exploration de ce qui se trouve au-delà des conventions. C'est ce que représente Metacómics : un tour de vis, simple et franc, pour mettre nos contingences (personnelles et celles de notre époque) en évidence.

Manuel Olveira, traduit de l'espagnol par Laurent Garcia